Renforcer la réponse d’urgence dans l’est de la RDC grâce à l’engagement communautaire

Les nouvelles autorités ont fermé d’importants camps de déplacés dans les provinces du Nord et Sud-Kivu, obligeant les personnes à retourner dans des zones peu sûres et contestées, souvent pour y retrouver leurs maisons et leurs terres agricoles occupées, et les tensions locales s’aggravent. En raison de problèmes d’accès et de financement, la réponse humanitaire opère en grande partie dans l’obscurité : il y a très peu de données en temps réel sur les besoins des personnes en déplacement et sur les risques qu’elles courent à leur retour. Les canaux traditionnels de retour d’information se sont effondrés : les boîtes à suggestions sont contrôlées, les rassemblements communautaires sont interdits et la peur de la surveillance réduit les personnes au silence. Même avant cette crise, les personnes déplacées se méfiaient des mécanismes classiques de retour d’information.

Les constats effectués révèlent que :

  • Les acteurs humanitaires manquent d’informations fiables et actualisées sur la réalité des retournées et des communautés hôtes.
  • Manque d’informations surtout sur les tensions sociales et les risques locaux. Des acteurs reconnaissent travailler avec une visibilité limitée.
  • L’engagement communautaire reste faible, malgré les choix de priorisation difficile à faire pour les humanitaires.
  • Sans perception locale, les décisions de programmation risquent d’être mal alignées, voire contre-productives.

Face à cette situation, les acteurs humanitaires, dont OCHA et le Cluster Protection, appellent à un suivi en temps réel plus ancré dans les réalités communautaires et à un renforcement de la cohésion sociale, et de ‘protection à base communautaire’, en particulier là où l’aide extérieure est limitée.

Pour combler cette lacune critique en recueillant les perceptions afin de s’assurer que l’action humanitaire dans les zones de retour s’aligne sur les réalités de la communauté, et non sur des suppositions, Ground Truth Solutions, en collaboration avec Victim’s Hope, répondent à ce besoin par un projet d’écoute communautaire dans les zones de retour. Ce projet a atteint 884 personnes dont 467 (53%) femmes et 417 (47%) hommes. Il complète les évaluations classiques par une compréhension plus fine des priorités, des perceptions et des dynamiques collectives, renforçant ainsi la redevabilité envers les populations affectées (AAP)

Ce projet visite 3 objectifs suivants :

  • Les acteurs humanitaires prennent des décisions plus éclairées et sensibles au contexte, fondées sur les perceptions et priorités des communautés.
  • Les acteurs opérationnels auront une meilleure compréhension des risques auxquels les communautés sont confrontées, ainsi que de leurs priorités.
  • Ceci leur permettra d’envisager des activités qui soutiennent la résilience communautaire, tout en s’appuyant sur les ressources et les capacités existantes des communautés.